Thème #11
Nationalité et citoyenneté
120 cartes disponibles
Question
Le jus soli ou le double jus soli ont-ils valeur de PFRLR ?
Réponse
- Jus soli : acquisition de la nationalité par la naissance en France (selon conditions fixées par la loi : résidence, âge/manifestation de volonté…).
- Double jus soli : est Français à la naissance l’enfant né en France d’un parent lui-même né en France.
Ils n'ont pas valeur de PFRLR. Le Conseil constitutionnel n’a reconnu ni le jus soli ni le double jus soli comme principe fondamental. La nationalité relève de la loi (art. 34 C°) : le législateur peut adapter/restrict ces mécanismes, sous contrôle de l’égalité, de la proportionnalité et des engagements internationaux.
Question
Comment la nationalité française est‑elle attribuée dans les situations de naissance par gestation pour autrui à l'étranger ?
Réponse
Lorsqu'au moins un des parents d'intention est français, la jurisprudence exige de reconnaître la filiation et d'accorder la nationalité à l'enfant issu d'une gestation pour autrui pratiquée à l'étranger. Le Conseil d'État et la Cour européenne des droits de l'homme imposent cette reconnaissance au nom du respect de la vie privée et familiale de l'enfant.
Question
Qui définit les nationaux d'un État ?
Réponse
Chaque État détermine qui sont ses nationaux par son droit interne — décision de principe reconnue par le droit international (Haye 1930, art. 1). En France, c’est le législateur qui fixe les règles de nationalité (Const. art. 34).
Limites internationales : cette compétence est encadrée par des obligations : lutter contre l’apatridie (Conv. 1954/1961), respecter la non-discrimination et l’intérêt supérieur de l’enfant, et tenir compte des engagements régionaux (ex. la citoyenneté de l’Union découle de la nationalité d’un État membre, TFUE art. 20).
Question
Quelles sont les conditions générales pour la naturalisation par décret ?
Réponse
Âge & résidence : être majeur et résider en France au jour du décret ; justifier, en principe, d’un stage de 5 ans de résidence habituelle et régulière (C. civ. art. 21-15, 21-16, 21-17).
Réductions/dispenses du stage : 2 ans si succès à 2 ans d’études supérieures en France avec diplôme, ou en cas de services éminents/intérêt exceptionnel pour la France ; dispense possible en cas de services exceptionnels (naturalisation pour mérite) (C. civ. art. 21-17).
Autres conditions générales : intégration républicaine (adhésion aux valeurs, maîtrise suffisante du français), moralité/absence de condamnations graves, situation fiscale et sociale régulière, ressources stables (appréciées par l’administration) (C. civ. art. 21-24 s. ; textes réglementaires).
Question
Pourquoi l'exercice effectif du droit de vote des détenus reste‑t‑il limité malgré leur droit ?
Réponse
L’exercice effectif reste limité surtout pour des raisons pratiques et procédurales : inscription sur les listes souvent compliquée, informations tardives, et nécessité de passer par une procuration (vérification par un OPJ) ou par des démarches encadrées par circulaire (délais, pièces, transmissions), ce qui décourage ou fait tomber les demandes hors délais.
Ministère de la justice
Le vote par correspondance instauré en 2019 a amélioré les choses, mais il a été restreint en 2025 : suppression pour les élections locales et législatives (maintien seulement pour présidentielle, européennes et référendum), validée par le Conseil constitutionnel. Résultat : retour à des modalités plus lourdes (procuration, permissions de sortie), qui pèsent sur la participation réelle.
S’y ajoutent des freins structurels (surpopulation, rotation des personnes détenues, accès inégal à l’information et aux guichets), relevés par administrations et observateurs, qui limitent l’effectivité du droit malgré son principe.
Question
Quel est l'effet d'une adoption plénière par un Français sur la nationalité de l'enfant?
Réponse
En cas d’adoption plénière par au moins un parent français, l’enfant devient français de plein droit par effet de la loi, du fait de la substitution de filiation propre à l’adoption plénière (C. civ., art. 21-12 ; art. 356). La nationalité court à compter du jugement d’adoption.
À noter : l’adoption simple ne confère pas automatiquement la nationalité ; elle ouvre une voie de déclaration sous conditions (C. civ., art. 21-12, al. 2)
Question
Un enfant élevé par un Français à l'étranger peut-il devenir français par déclaration de recueil ?
Réponse
Oui. Un mineur recueilli et élevé par un Français peut devenir français par déclaration sur le fondement de l’article 21-12 du Code civil. Depuis la loi n° 2016-297 du 14 mars 2016, la condition que l’enfant soit recueilli “en France” a été supprimée : la déclaration est donc possible même si l’enfant est élevé à l’étranger par le parent (ou la personne) français(e).
Conditions clés (résumé)
- être mineur au jour de la déclaration ;
- être recueilli et élevé par un Français depuis au moins 5 ans (prise en charge matérielle et affective continue) ;
- déposer une déclaration (avec, à partir de 13 ans, le consentement de l’enfant).
(Art. 21-12 C. civ., modifié par la loi 2016-297.)
Question
Quel est le rôle du Médiateur européen et comment fonctionne‑t‑il ?
Réponse
Le Médiateur européen est un organe indépendant créé par le traité de Maastricht pour remédier au déficit démocratique et à l'opacité des institutions européennes.
Élu par le Parlement européen pour un mandat renouvelable de cinq ans, il reçoit les plaintes des citoyens de l'Union et des personnes morales résidant dans un État membre concernant des cas de mauvaise administration dans les institutions et organes de l'Union, à l'exception de la Cour de justice lorsqu'elle agit comme juridiction Il peut enquêter de sa propre initiative ou sur plainte, sollicite l'avis de l'institution concernée et soumet un rapport au Parlement européen et aux parties; l'institution dispose d'un délai de trois mois pour répondre
Question
Pourquoi Mayotte connaît-elle une adaptation du droit du sol ?
Réponse
En raison de caractéristiques démographiques locales; la loi du 10 septembre 2018 subordonne la demande à la régularité de séjour d'au moins un parent depuis plus de 3 mois avant la naissance, adaptation validée au regard de l'article 73 de la Constitution.
Question
La scolarité, la résidence, le travail ou le service militaire peuvent-ils participer au lien objectif de rattachement à un pays ?
Réponse
Oui, ils peuvent constituer des éléments de rattachement justifiant l'accès à la nationalité.
Question
Quelles remises en cause a posteriori sont possibles en cas de fraude ?
Réponse
En cas de fraude / de mensonge :
Retrait du décret d’acquisition/naturalisation/réintégration (C. civ. art. 27-2) : dans les 2 ans de la découverte du mensonge ou de la fraude ; effet rétroactif ; avis conforme du CE. 
Contestations des déclarations (ex. mariage, filiation) : le ministère public peut demander l’annulation de l’enregistrement en cas de mensonge/fraude dans les 2 ans de leur découverte ; présomption de fraude si cessation de communauté de vie dans les 12 mois suivant la déclaration (art. 26-4 C. civ.). 
🔒
Contenu Premium
Cliquez pour débloquer
Question
Quelles"décisions clefs"structurent la matière récente ?
Réponse
- CC, 20 juill. 1993, n° 93-321 DC (“réforme du code de la nationalité”) : censure partielle, rappels d’exigences constitutionnelles (proportionnalité, garanties) ; continue de faire référence dans le contrôle des conditions d’accès. 
- CC, 23 janv. 2015, n° 2014-439 QPC, Ahmed S. : déchéance des personnes ayant acquis la nationalité pour crimes/délits (dont terrorisme) jugée conforme, sous réserves ; pas d’effet rétroactif. 
- CJUE, 12 mars 2019, Tjebbes : retrait de nationalité entraînant perte du statut de citoyen de l’UE → contrôle de proportionnalité individuel requis. 
- Cass. 1re civ., 28 janv. 2015 (mariage franco-marocain de personnes de même sexe) : ordre public international et art. 202-1 C. civ. permettent la célébration/reconnaissance en France malgré la loi étrangère prohibitive. 
- CE, 11 avr. 2018 : refus d’acquisition pour manquement aux “valeurs essentielles” (ex. comportement lors de la cérémonie) peut être légalement retenu, sous contrôle de proportionnalité. 
- CJUE, 2025, Commission c. Malte (golden passports) : encadrement UE des schémas d’octroi purement investisseur — utilité pour discuter du lien effectif et des exigences de proportionnalité. 
🔒
Contenu Premium
Cliquez pour débloquer
Question
Dans quels cas la nationalité française peut‑elle être perdue ou retirée ?
Réponse
• Perte volontaire (déclaration de répudiation/libération des liens) : art. 23-4 C. civ. (décret ; pas pour éluder sanctions fiscales/sociales). 
• Perte pour “manque d’effectivité” (comportement constant comme ressortissant étranger) : art. 23-7 C. civ. (décret ; exige une autre nationalité). 
• Déchéance (sanction, non rétroactive) visant ceux qui ont acquis la nationalité et bi-nationaux : art. 25 & 25-1 C. civ. (terrorisme, atteintes aux intérêts fondamentaux, etc.). Constitutionnalité confirmée (2015). 
• Retrait pour fraude : art. 27-2 (décret rapporté dans les 2 ans de la découverte du mensonge/fraude).
🔒
Contenu Premium
Cliquez pour débloquer
Question
La déchéance de nationalité entraîne-t-elle automatiquement une mesure d’éloignement (OQTF/expulsion) ?
Réponse
Réponse
Non. La déchéance (sanction visant des Français par acquisition) ne provoque pas ipso facto une mesure d’éloignement : toute mesure d’éloignement suppose un examen autonome au regard du CESEDA (ordre public, vie privée/familiale, garanties). En outre, la déchéance ne peut pas rendre apatride (bi-nationalité requise). C. civ., art. 25, 25-1. (Rappel : contrôle du CE sur la proportionnalité.)
🔒
Contenu Premium
Cliquez pour débloquer
Question
Des unions non qualifiables de “mariage” au regard d’une loi étrangère peuvent-elles compter pour apprécier la résidence en naturalisation ?
Réponse
Oui, au titre d’une appréciation factuelle de la résidence habituelle et du centre des intérêts : une union stable (pacs/concubinage, même non reconnue comme mariage par une loi étrangère) peut étayer l’ancrage en France. Elle n’ouvre pas en elle-même un droit, mais pèse dans l’analyse d’ensemble (travail, famille, durée, stabilité).
🔒
Contenu Premium
Cliquez pour débloquer
Question
Quels principes encadrent les adaptations territoriales (ex. Mayotte) en matière de nationalité ?
Réponse
Sous art. 73 C°, des adaptations sont possibles si elles répondent à des spécificités objectives (insularité, pression migratoire) et respectent l’indivisibilité de la République et l’égalité. À Mayotte, le droit du sol a été restreint (2018, puis réforme débattue/renforcée en 2025) en exigeant la régularité du séjour des parents pendant une durée déterminée avant la naissance.
🔒
Contenu Premium
Cliquez pour débloquer
Question
Quelles sont les modalités d'acquisition de la nationalité française par naturalisation et par mariage ?
Réponse
- Naturalisation (décret) : en principe 5 ans de résidence habituelle (réductible : études supérieures en France, services exceptionnels, réfugiés…), assimilation (valeurs + langue), moralité et insertion. C. civ., art. 21-17 s., 21-24. 
- Mariage (déclaration art. 21-2) : 4 ans de communauté de vie avec un conjoint français, conditions spécifiques (délai porté à 5 ans si certaines conditions font défaut : transcription de l’acte à l’étranger, etc.), intégration et absence d’indignité (contrôle art. 21-4).
🔒
Contenu Premium
Cliquez pour débloquer
Question
Quels sont les deux principes qui permettent l'attribution de la nationalité française à la naissance ?
Réponse
• Jus sanguinis : est Français l’enfant dont au moins un parent est Français (art. 18).
• Jus soli (variantes) : double jus soli (art. 19-3) ; jus soli différé (art. 21-7) pour l’enfant né en France de parents étrangers (Français à 18 ans sous conditions de résidence), avec dispositifs anti-apatridie (enfant né en France de parents inconnus/apatrides).
🔒
Contenu Premium
Cliquez pour débloquer
🚀
Débloquez 110 cartes supplémentaires
Accédez à toutes les cartes de ce thème avec un abonnement Premium
✨ Passer à Premium
